Art Pierre Philippe

Propos d’un graveur

Mes études aux Beaux arts de Paris dans les ateliers d’Etienne- Martin, de Jacques Lagrange, et de Bertrand Dorny m’ont appris à être attentif au langage tactile des matériaux, en particulier celui du cuivre déployant les variations de l’aquatinte. L’observation des gravures en relief de Courtin m’ont conduit à varier les supports et les outils, à utiliser aussi bien l’échoppe d’orfèvre que la fraiseuse de dentiste.
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Après le passage du diplôme dans la section de gravure en taille-douce, tout en enseignant les arts plastiques, j’ai poursuivi  mes recherches en philosophie et en esthétique tentant de trouver des réponses aux questions que me posait ma pratique. Celle-ci s’est étendue à la peinture, où je trouvai dans mes supports de sables de différentes contrées des échos de mon propos de graveur. Mais récemment  j’ai éprouvé le besoin de renouer avec mes origines de graveur.

Dans mes eaux fortes récentes que j’ai réalisées dans l’atelier de Raoul Velasco, je m’efforce de faire pressentir les liens que l’homme des métropoles entretient avec  la nature. Méryon et Bresdin avaient deviné que la gravure peut traduire sa « grande écriture chiffrée », comme disait Novalis. L’estampe reçoit l’empreinte de sensations, d’intuitions en résonance avec la nature. L’écheveau graphique tente de relier les éléments et les trois règnes naturels. Les signes gravés sont des paroles qui expriment des correspondances : entre le minéral et le végétal, entre la terre, l’eau et le feu… « Un mystère d’amour dans le métal repose. », dit Gérard de Nerval.

Pierre PHILIPPE.

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